Espace culturel
décembre 2008, Tawfik Matine
AC/DC : Black Ice
Le heavy metal est le style qui, au fil des années, a le plus perduré. Résistant à travers les âges à des tonnes de courants musicaux, le metal n’a jamais cessé de se bonifier et a toujours su rallier les fans à sa cause.
Et ce style lourd et crade, qui, depuis toujours, est considéré comme le rejeton indésirable du rock, possède encore bien des raisons de clamer son immortalité. Le fait que les premiers du genre (apparu en 1970 avec le premier album des Black Sabbath) soient toujours là pour admirer le monstre qu’ils ont créé est la preuve la plus irréfutable de cette invincibilité et de cette constante évolution. Ainsi Ozzy Osbourne (passé 60 ans), Lemmy Kilmister de Motorhead (73 ans), Rob Alford de Judas Priest (passé 57 ans) continuent d’honorer leur culte du heavy à travers leurs groupes respectifs, montrant à tous que le heavy metal ne vieillira jamais.
Et c’est cette pertinente remarque qui nous amène à parler aujourd’hui d’AC/DC, groupe légendaire fondé dans le courant des années 70 par Bon Scott et Angus Young qui, toujours pareil à lui-même, sort enfin son dernier “Black Ice”.
Les critiques rock reprochaient à AC/DC de n’avoir, en 30 ans d’existence, jamais osé changer d’un seul poil leur style et leur direction musicale. Pourtant, aujourd’hui, nous sommes fier de pouvoir l’annoncer: AC/DC n’a pas changé!
Dans son éternel costume d’écolier, Angus Young continue de nous éblouir avec ses vieilles mélodies rock ‘n roll, un tantinet modernisées pour l’occasion. C’est toujours ce même chant effronté, toujours cette dégaine de parfaits anarchistes et ce côté nihiliste si charmant qui nous permettent d’annoncer fièrement: “oui, AC/DC est toujours le même”.
Et qu’est-ce que c’est jouissif, car même si nos “Balls Breaker” n’ont pas changé leur façon d’être et de jouer, cela ne fait pas de cet album une production monotone. Bien au contraire, chaque morceau se démarque des autres et, bien que certains sortent du lot plus que d’autres, rien n’est à jeter. Le son est clean, les refrains bien pensés et entraînants et les solos toujours aussi rock ‘n roll. Sur quinze morceaux, le groupe déballe tout son potentiel et ne laisse rien au hasard, il n’y a qu’à écouter la finesse des compositions à la guitare pour s’en rendre compte.
Comparer Black Ice aux chefs-d’œuvres du groupe, personne n’osera le faire. Il n’empêche que ce dernier rejeton a plus d’un tour dans son sac et ne vous lassera que difficilement. Un pari réussi pour AC/DC et un cadeau de Noël original pour papa, qui sera ravi de revivre ses années cuir à travers ce très bon album.