Dernière mise à jour : 22 avril 2010 Dernière édition : mars 2010

Espace culturel

mars 2009, Jérôme Van Ruychevelt

L’Oscar du meilleur film 2009 : un film positif ?

A ceux qui en ont marre de la crise, aux révoltés prêts à faire la révolution internationale, je dis : “Allez voir Slumdog Millionaire et on en reparle…”

amal Malik, jeune garçon issu des bidonvilles de Mumbaï (Bombay) est à une question de gagner 20 millions de roupies à la version indienne du jeu Qui veut gagner des millions, quand il est soudainement arrêté par la police qui le soupçonne d’avoir triché. La question que Danny Boyle pose alors au spectateur, est la suivante. A: il a vraiment triché, B: c’est un génie, C: c’est un chançard, D: c’était son destin… Toute l’explication de la réponse réside dans la narration de ce conte éminemment positif retraçant la vie du jeune Jamal.

Disons-le d’emblée, ce film magnifique contient quelques morceaux de bravoure assez exceptionnels. A commencer par le scénario remarquablement original écrit par Simon Beaufoy (auteur de celui de Full Monthy) et adapté du livre de Vikas Swarup. Le décor planté dans les bidonvilles de Bombay, est rendu avec une dignité incroyable par Danny Boyle. Chaque réponse à une question du jeu correspond à un moment de la vie de Jamal Malik. Le réalisateur nous apporte ainsi une à une les pièces du puzzle sans linéarité barbante, ni confusion. Slumdog Millionaire possède un rythme fou. Il y a du James Bond dans certaines courses poursuites effrénées à travers les taudis surpeuplés. Scènes réellement palpitantes filmées à la Paul Greengrass (Jason Bourne) et soutenues par une bande originale géniale entre électro, hip-hop et musique typiquement indienne. Il n’y a aucun temps mort dans ce film aux couleurs définitivement bollywoodiennes.

Pour ceux qui ne le savent pas, l’Inde est le pays produisant le plus de films par an. Le cinéma indien, ce sont de grandes fresques de trois heures où l’exaltation des sentiments est poussée à son paroxysme. Ca ne marche absolument pas chez nous car c’est incroyablement kitch! Rassurez-vous, Slumdog Millionaire ne fait qu’emprunter le ton Bollywood. Les ingrédients: une romance comme fil rouge, des gangsters, du suspense, du rire et des larmes pour un film qui fait office d’antidépresseur. Et surtout ne partez pas pendant le générique final, vous risquez de manquer le plus beau moment de votre journée!

Toutefois, certains indiens n’apprécient pas l’image de leur pays peu reluisante qui est véhiculée par le film aux 8 Oscars. Mais le décor, c’est l’extrême pauvreté, pas le développement qui est à côté. Et c’est bien ça l’ambigüité des pays en voie de développement, ce sont les bidonvilles des Slumdogs (littéralement chiens de taudis, pas très fin comme titre) qui côtoient les bâtiments d’affaires des millionnaires. Et oui, c’est ça la réalité des pays comme l’Inde. Alors, finalement, on la ferait bien cette révolution, non?

Photos

L’Oscar du meilleur film 2009 : un film positif ?
L'affiche de Slumdog Millionnaire, le film aux huits Oscars mérités.
L’Oscar du meilleur film 2009 : un film positif ?
...les bidonvilles des Slumdogs qui côtoient les bâtiments d’affaires des millionnaires. Et oui, c’est ça la réalité des pays comme l’Inde.
L’Oscar du meilleur film 2009 : un film positif ?
Les ingrédients: une romance comme fil rouge, des gangsters, du suspense, du rire et des larmes...
L’Oscar du meilleur film 2009 : un film positif ?
Toute l’explication de la réponse réside dans la narration de ce conte éminemment positif retraçant la vie du jeune Jamal.
L’Oscar du meilleur film 2009 : un film positif ?
Freida Pinto, révélation et atout de charme du film Slumdog Millionnaire.