Dernière mise à jour : 22 avril 2010 Dernière édition : mars 2010

Les grands moments de l'athlétisme

décembre 1999, Vincent Spletinckx

Carl Lewis, l’athlète du siècle?

Le crépuscule d’un siècle s’ouvrant sur un nouveau millénaire n’est pas une occurrence banale. Bien que relative et liée au défilement inexorable du temps, ce n’en est pas moins une occasion unique de faire le point sur le siècle particulièrement riche en événements qui s’achève. Qu’ils soient politiques, sociaux ou économiques, ces faits historiques ont marqué notre mémoire collective comme ils ont façonné le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. S’ils sont sportifs, ils auront vraisemblablement émaillé nos rêves d’athlètes. Il n’est donc pas étonnant, en tant qu’amateur et passionné d’athlétisme, de nous demander quel sportif pourrait se voir attribuer le titre d’“athlète du siècle”?

Bien entendu, la tâche est ardue et porte en elle les germes de la subjectivité. Comment, en effet, comparer les performances et les carrières d’athlètes d’époques radicalement différentes? Notre terrain d’investigation s’étendant sur de nombreuses décennies, comment ne pas favoriser les événements et les exploits qui nous ont marqué personnellement au détriment de ceux, plus éloignés, qui ont davantage impressionné la pellicule désormais jaunie qu’admiraient nos grands-parents? Aucune réponse satisfaisante ne semble pouvoir être donnée et le but pourrait être considéré comme futile s’il ne prenait l’aspect louable d’une quête historique. De Paavo Nurmi à Michael Johnson les athlètes d’exception ne manquent certes pas. Pourtant, le nom de Carl Lewis semble s’imposer. En effet, peu d’athlètes, assurément, ont réussi à symboliser et à personnaliser à eux seuls aussi parfaitement tant la technique fluide et féline de la course à pied que la transformation socio-économique et médiatique d’un sport. Car la biographie de Carl Lewis ne pourrait vraisemblablement se résumer à un palmarès, certes quasi inégalé, ni à quelques statistiques. Bien plus qu’un grand champion ou un gagneur, Lewis est une figure emblématique du sport.

La vocation du saut en longueur

Frederick Carlton Lewis est né le 1er juillet 1961 à Birmingham dans l’Alabama. Ses parents étaient entraîneurs d’athlétisme et c’est donc tout naturellement qu’il fit ses premiers pas sur la piste. Enfant, il était pourtant considéré par ses trois frères et soeurs comme le moins doué de la famille. Toutefois, en 1978, dès ses 17 ans, Carl remportait le concours du saut en longueur des Championnats Nationaux Américains dans sa catégorie d’âge à Memphis (Tennessee) avec un saut mesuré à 7m86. Une vocation était née. Après qu’une rencontre fortuite avec Jesse Owens en 1973, lequel lui aurait offert l’une de ses premières paires de spikes, ait attisé son goût pour l’athlétisme, Carl découvrit la discipline où son talent s’exprimerait désormais le mieux, lui permettant peu à peu de revendiquer le titre de “meilleur sauteur en longueur du siècle”. En 1979, peu avant son 18e anniversaire, Lewis bondit à 8m09 et, quelques semaines plus tard, terminait second des Championnats des Etats-Unis à Walnut en Californie. Il monte ensuite sur la dernière marche du podium des Jeux Pan Américains avec un bond de 8m14. L’année suivante, Carl remporte ses premières compétitions nationales toutes catégories confondues et obtient sa qualification au sein de l’équipe olympique américaine grâce à un bond mesuré à 8m03 au cours des Trials. Malheureusement, suite à l’invasion des troupes soviétiques en Afghanistan ainsi que le subséquent boycott imposé par le président Jimmy Carter en guise de protestation, les athlètes américains ne purent défendre leurs chances aux Jeux de Moscou 1980. Dès l’année suivante, sous la houlette de Tom Tellez à l’Université de Houston au Texas, Carl Lewis progresse de manière impressionnante. Il remporte le Championnat des Etats-Unis en salle en bondissant à plus de 8m50 avant de franchir 8m62, le 20 juin 1981 à Sacramento battant pour la première fois son compatriote Larry Myricks. Un an plus tard, dans la nuit d’Indianapolis, sous les projecteurs du Sports Festival, Lewis peut lever les bras au ciel. Il vient de sauter 8m76, le meilleur saut alors enregistré au niveau de la mer. Il n’a que vingt ans et tout le monde voit en lui le seul athlète capable un jour d’effacer des tablettes le record inhumain accroché à l’altitude de Mexico par Bob Beamon à 8m90 en 1968. A l’époque, un petit garçon de sept ans, les yeux brillants devant le poste de télévision, avait assisté à l’exploit du siècle. Le jeune homme qui lui succéderait ferait bientôt de ce saut légendaire l’objectif de sa vie athlétique. Pourtant, loin d’être obnubilé par la discipline du saut en longueur, encore moins de s’y cantonner, Carl Lewis montra également d’excellentes aptitudes pour le sprint. Alors qu’il venait de porter son record personnel à la longueur à 8m79 en salle au début de la saison 1983, Lewis réalisa un chrono de 9.97 sur 100 mètres. Sur le double hectomètre, il réussit probablement la plus belle course de sa carrière en remportant le Championnat des Etats-Unis, en toute décontraction et bras levés à l’image de Tommie Smith, en 19.75, nouveau record américain à trois petits centièmes du record mondial de l’italien Pietro Mennea. Ainsi, lorsque furent organisés les premiers Championnats du Monde au mois d’août 1983 à Helsinki, Lewis était-il considéré comme l’un des grands favoris des épreuves de sprint et de saut. Pourtant, quelques semaines auparavant, son compatriote Calvin Smith avait, en 9.93, amélioré, à l’altitude de Salt Lake City, le vieux record mondial du 100 mètres détenu par Jim Hines depuis Mexico 1968 en 9.95. Mais, déjà, avant d’être l’homme des grandes performances, Carl Lewis était l’homme des grands rendez-vous. Ainsi remporta-t-il plus aisément qu’annoncé le 100m des Championnats en 10.07, le saut en longueur, avec un saut à 8 mètres 55 et, enfin, participa-t-il, entouré de Gault, King et Smith, au triomphe des Etats-Unis dans le relais 4x100 mètres, battant son premier record mondial en 37.86. Lewis n’avait pas raté son premier grand rendez-vous international et avait brillamment démontré qu’il n’était jamais aussi dangereux que lorsque les enjeux étaient importants. A la fois religieux, ambitieux, confiant et sûr de lui, il pouvait aussi parfois se montrer quelque peu condescendant, voir arrogant vis-à-vis de ses adversaires. Au lendemain de ses triomphes finlandais, Lewis annonça sans ambages qu’il tenterait de faire encore mieux aux Jeux Olympiques organisés à Los Angeles en 1984 afin d’égaler la performance (4 médailles d’or) établie à Berlin par Jesse Owens près d’un demi-siècle auparavant. La pression était donc maximale lorsque quelques 100.000 spectateurs se rassemblèrent au Coliséum de Los Angeles, à quelques encablures de la grande machine à légendes Hollywoodienne. Celle de Carl Lewis était, si l’on peut dire, en marche. Par une belle après-midi d’août 1984, malgré un départ moyen, Lewis revint rapidement sur son compatriote Sam Graddy et franchit la ligne d’arrivée de la finale du 100 mètres en 9.99 avec deux mètres d’avance sur ses poursuivants immédiats. Jamais, à l’exception de Bob Hayes en finale des Jeux de Tokyo, vingt ans plus tôt, un athlète n’avait dominé l’“épreuve reine” de l’athlétisme de la sorte. Deux jours plus tard, Lewis remportait le concours du saut en longueur dès son premier essai à 8m54. Après avoir mordu son second, estimant qu’il ne pourrait être rejoint et qu’il conviendrait de se réserver pour d’autres épreuves, Carl préféra se retirer. Déçue, la foule se mit à le siffler et certains ne lui pardonnèrent pas ce qu’ils considéraient comme un acte de snobisme de la part de l’athlète noir. D’autres constatèrent amèrement que Jesse Owens, quant à lui, n’avait pas ménagé ses efforts à Berlin pour venir à bout de ses adversaires et que contrairement à Lewis, il avait ajouté du panache à ses performances. “J’étais choqué, commenta Lewis. Mais après un moment, j’ai pensé qu’ils me sifflaient parce qu’ils souhaitaient me voir davantage. J’imagine que c’est plutôt flatteur.” Le 8 août, à l’issue d’une course parfaite, Lewis remportait sa troisième médaille d’or olympique sur 200 mètres en 19.80, améliorant le record olympique de Tommie Smith, devant ses compatriotes Kirk Baptiste (19.96) et Jefferson (20.26). Enfin, au dernier jour des Jeux, relayant Sam Graddy, Ron Brown et Calvin Smith, il remporta son pari et s’envola vers son quatrième titre à l’issue du relais 4x100 mètres parachevé par un nouveau record mondial en 37.83. Deux semaines plus tard, Carl Lewis offrait aux spectateurs du mémorial Ivo Van Damme l’un des meilleurs concours de longueur de la saison en bondissant à 8m65.

Ben Johnson: la bête noire

Alors qu’il avait entamé sa carrière internationale aux côtés de quelques gloires vieillissantes de l’athlétisme telles que Allan Wells ou Pietro Mennea, Carl Lewis dut, dans la seconde moitié des années 80, peu à peu faire face à une nouvelle génération de sprinters. Aussi, après deux saisons de transition, Lewis vit-il se dresser sur son chemin le canadien Ben Johnson, médaillé de bronze à Los Angeles. En moins de trois années, le fluide et presque fluet canadien s’était transformé en une redoutable machine de guerre musculeuse et extrêmement véloce. Aux Championnats du Monde organisés à Rome en 1987, ce dernier s’imposa ainsi sur 100 mètres en distançant irrémédiablement Lewis dès les premiers mètres, pulvérisant par la même occasion le record mondial d’un dixième de seconde pour le porter à 9.83. Bien qu’ayant enregistré une cuisante défaite, l’Américain n’avait pas démérité, remportant la médaille d’argent et portant son record personnel à 9.93. Malgré le fait qu’il avait remporté le 200 mètres des Championnats des Etats-Unis en 20.12 quelques semaines auparavant, Lewis fera, à Rome comme à Helsinki, l’impasse sur cette épreuve, marquant ainsi sa préférence pour la plus courte des deux distances. Malgré ces quelques défaites en sprint, Lewis entame la saison 1988 dans une forme éblouissante. Aux sélections olympiques américaines d’Indianapolis, aidé par un vent trop favorable, il remporte le 100 mètres dans le temps extraordinaire de 9.78. Au mois d’août, peu avant l’ouverture des Jeux de Séoul, le jour où Harry Butch Reynolds abaisse le record mondial du 400 mètres à 43.29, il retrouve Ben Johnson au meeting de Zurich et l’emporte en 9.93 devant Calvin Smith. Johnson, le regard sombre, ne termine que troisième en 10.00. Un mois plus tard, pourtant, en finale olympique, le scénario de la finale de Rome se répète. Distancé dès les premiers mètres (il comptait déjà 12/100e de retard après 40 mètres!), et ce malgré un bon départ, Lewis eu beau réaliser sa meilleure performance personnelle en 9.92, il ne parvint pas à refaire son retard et laissa Johnson s’envoler en 9.79. Vingt-quatre heures plus tard, c’était pourtant bien l’Américain qui était sacré champion olympique (le premier doublé des Jeux sur 100m), le titre ayant été retiré au Canadien convaincu d’avoir fait usage de produits dopants. Par la même occasion, Lewis héritait rétroactivement du titre des Championnats mondiaux de Rome ainsi que du record mondial désormais ramené à 9.92. Le lendemain, malgré un excellent virage (10.24 pour les cent premiers mètres), et une brillante prestation en 19.79 sur 200 mètres, Carl s’inclina face à son compatriote et ami d’entraînement, Joe De Loach, crédité d’un excellent 19.75. “Je déteste avoir eu à m’immiscer entre Carl et son rêve” devait déclarer ce dernier. Le rêve de Lewis de rééditer son exploit de Los Angeles s’était pourtant évanoui totalement lorsque le relais américain du 4x100 mètres se trouva disqualifié en séries suite à un mauvais passage de témoin entre Calvin Smith et Lee McNeill. Entre-temps, Lewis avait toutefois pris une belle revanche sur le sort en s’imposant pour la seconde fois consécutive (il était le premier athlète à y parvenir) au saut en longueur avec un superbe saut à 8m72 devant un certain Mike Powell et l’éternel Larry Myricks. Ce dernier avait pratiquement, quelques semaines plus tôt au cours des sélections US, mis un terme à l’invincibilité du “Maître” dans cette discipline. Sous la pluie d’Indianapolis, il avait en effet réussi le meilleur saut de sa carrière avec un bond de 8m74. Lewis n’était parvenu à le devancer qu’à son ultime tentative réussissant son meilleur saut de la saison à 8m76.

L’apogée au pays du soleil levant

Au cours des saisons 1989 et 1990, Lewis se fit plus discret se contentant principalement de quelques compétitions de saut en longueur. Parce qu’il venait de passer le cap des trente ans, d’aucun considérait que cet athlète d’exception était arrivé en fin de carrière. Pourtant, plus déterminé que jamais, Lewis allait démentir nombre de ses détracteurs et vivre en 1991 ce qui restera vraisemblablement comme l’une de ses meilleures saisons athlétiques et représente assurément l’apogée de sa carrière. En juin, aux sélections américaines organisées à New York en vue des Championnats de Monde de Tokyo, il retrouve sa meilleure forme physique en 9.93 en finale du 100m. Il est cependant devancé à cette occasion par la nouvelle étoile montante du sprint mondial, Leroy Burrell. Ce dernier améliore par la même occasion le record du monde en 9.90. A Tokyo, à l’issue de l’une des plus belles finales de 100 mètres du siècle, Carl Lewis reprend son bien avec panache en coupant le fil en 9.86 devant Burrell (9.88) et Denis Mitchell (9.91), auteur d’un départ “limite” mais qui aura cependant lancé les athlètes sur des bases très élevées. A l’occasion du concours du saut en longueur, Carl Lewis voit cependant le titre mondial lui échapper, mais il assiste par la même occasion au terme de sa fabuleuse série de 65 victoires consécutives enregistrées depuis mars 1981. Aux sélections US déjà, il avait été obligé une fois encore de puiser dans ses ultimes réserves pour arracher la victoire à Mike Powell au dernier essai (8m64 contre 8m63.) Pour le devancer irrémédiablement à Tokyo, Powell sautera plus loin qu’aucun être humain ne l’avait fait avant lui et, à l’issue de l’un des plus beaux concours de tous les temps, améliora le fabuleux record de Bob Beamon établi 21 ans plus tôt. On aurait pu dire, à l’image de Rock Hudson dans le film “Giant”, que jamais Lewis n’avait été aussi grand que dans la défaite. Il avait pourtant frappé très fort d’entrée, en retombant à 8m83, sa meilleure performance absolue, dès sa seconde tentative. Au troisième essai, il avait même réussi à passer Beamon en bondissant à 8m91. Malheureusement, le vent soufflait au-delà de la limite permise. Au quatrième, dans des conditions régulières cette fois, il confirmait avec 8m87. Pourtant, dans un effort surhumain, Powell parvint alors à s’étirer jusqu’à 8m95, établissant un fantastique nouveau record mondial. C’est peut-être à l’issue de ce concours, malgré l’échec, que King Carl, comme les amateurs d’athlétisme l’appelaient à présent, construisit sa légende en se montrant aussi digne dans la défaite qu’il avait pu être exubérant et prétentieux dans ses victoires. Il y avait peut-être là aussi l’expression d’une grande sympathie à voir ce record mondial mythique lui échapper alors que jamais il n’en avait été aussi proche au cours de ses 10 années de carrière internationale. Toutefois, d’une régularité exemplaire, il venait de porter la moyenne de ses cinq sauts mesurés à plus de 8m82, faisant sans conteste de son concours le meilleur du siècle. Lewis parachèvera sa brillante prestation de Tokyo en tirant le relais américain vers un nouveau record mondial en 37"50.

Les neuf glorieuses

En 1992, handicapé par une infection respiratoire, Carl Lewis échoua aux sélections américaines pour les Jeux de Barcelone, ne terminant que sixième sur 100 mètres et quatrième (pour un centième de seconde) sur 200 mètres. Au saut en longueur, toutefois, il terminait second derrière Mike Powell grâce à un saut mesuré à 8m55. En terre catalane, Lewis eut donc le rare privilège de pouvoir se concentrer sur une épreuve individuelle unique. En grand champion, il ne laissera pas passer l’occasion de remporter son troisième titre olympique consécutif ni de prendre une brillante revanche sur Powell (8m67 contre 8m64). Le relais 4x100 mètres américain lui offrit une nouvelle victoire olympique et un nouveau record mondial en 37.40 en compagnie de Mike March, Leroy Burrell et Denis Mitchell. Faisant l’impasse sur le saut en longueur en 1993, Lewis se concentra sur le sprint et parvint à se qualifier pour les championnats du Monde de Stuttgart à la fois sur 100 et sur 200 mètres. Il termina respectivement quatrième en 10.02 (derrière le Britannique Linford Christie, nouveau patron du sprint mondial en 9.87, Cason et Mitchell) et troisième en 19.99, derrière Frankie Fredericks et John Regis. Lewis entama ensuite ce que l’on pourrait caractériser de longue traversée du désert. En 1995, bien que qualifié au saut en longueur pour les Championnats mondiaux de Göteborg en Suède, il se retrouva dans l’impossibilité de défendre ses chances suite à une blessure contractée lors d’une compétition. L’année suivante, il échoua dans sa tentative de se qualifier une fois encore sur 100 et 200 mètres aux sélections olympiques américaines. Il ne termina en effet que cinquième dans chacune des deux épreuves (en 10.21 et en 20.20). Enfin, il ne parvint à se qualifier que d’extrême justesse au saut en longueur aux dépends de Mike Conley en retombant à 8m32 contre 8m30. Pourtant, à Atlanta, la chance sembla peu à peu lui sourire à nouveau l’autorisant, tel le légendaire phœnix, à renaître de ses cendres pour un dernier baroud d’honneur magistral. Lewis réussi le meilleur saut de qualifications à sa dernière tentative avec un bond mesuré à 8m29. En finale, il assiste à l’agonie de Mike Powell qui, couché dans le sable victime d’une élongation, voit ses rêves olympiques s’envoler. King Carl saisi sa chance et dès son troisième essai, bondit à 8m50 pour arracher un quatrième titre olympique consécutif à la longueur égalant ainsi le discobole Al Oerter, le seul athlète à avoir accompli un tel exploit avant lui, champion olympique de Melbourne 1956 à Mexico 1968.

Un palmarès inégalé

S’il est vrai que Carl Lewis a tant symbolisé et incarné le formidable développement médiatique qui a caractérisé l’athlétisme à partir des années 1980, il n’en reste pas moins qu’il le doit autant à un talent exceptionnel qu’à une forte personnalité. Davantage qu’un homme de records, Lewis demeure un athlète des grands moments. Il aurait pu davantage chercher la performance à tout prix ou se consacrer au 200m, discipline où il était intrinsèquement le plus doué de sa génération, mais il préféra relever de nombreux défis sur 100m. Il aura cependant marqué le sport de son empreinte remportant au total neuf médailles d’or olympiques (un record absolu qu’il partage avec Paovo Nurmi en athlétisme), dont quatre consécutives à la longueur et deux consécutives sur 100m. Il demeura invaincu au saut en longueur pendant plus de dix ans. Ce n’est donc pas un hasard si un jury international de journalistes sportifs l’a, il y a peu, désigné comme le troisième athlète du siècle juste derrière le joueur de football brésilien Pelé et le boxeur Mohamed Ali.

Notes

Photos & video(s) *

Carl Lewis décroche sa seconde médaille d'or olympique aux Jeux de Los Angeles 1984 en remportant le 200m en 19”80. Quatre ans plus tard, à Séoul, à l'issue d'une finale grandiose, il est devancé de justesse par Joe DeLoach (19”75 contre 19”79).
Carl Lewis remporte à Atlanta, en 1996, son quatrième titre olympique consécutif au saut en longueur.
Carl Lewis, l’athlète du siècle?
En 1980, Carl Lewis (ici sur 4x100m avec son équipe de Houston) est déjà l'un des grands espoirs de l'athlétisme américain. Le boycott US l'empêchera toutefois de disputer ses premiers jeux Olympiques à Moscou.
Carl Lewis, l’athlète du siècle?
En remportant quatre médailles d'or (100m, 200m, longueur et 4x100m) aux jeux Olympiques de Los Angeles en 1984, Carl Lewis a rejoint Jesse Owens dans la légende de l'athlétisme.
Carl Lewis, l’athlète du siècle?
Carl Lewis, ici au championnats mondiaux de Rome en 1987, est incontestablement le meilleur sauteur en longueur de l'histoire. Il domine la spécialité tout au long des années 1980, enregistrant 65 victoires consécutives entre 1981 et 1991.
Carl Lewis, l’athlète du siècle?
Rome 1987 et Séoul 1988 : Carl Lewis s'incline à deux reprises face au Canadien Ben Johnson. Suite à la disqualification de ce dernier pour dopage, il récupérera ces deux titres ainsi que le record mondial du 100m en 9"92.
Carl Lewis, l’athlète du siècle?
Aux championnats du monde de Tokyo en 1991, Carl Lewis bondit à 8m91 (vent favorable) et réalise le meilleur concours de longueur de l'histoire. Il doit pourtant s'incliner face au saut fantastique de Mike Powell à 8m95.
Carl Lewis, l’athlète du siècle?
En 1992, même s'il ne domine plus le sprint mondial, Carl Lewis participe au triomphe du relais américain du 4x100m qui porte le record mondial à 37"40. Cette performance ne sera améliorée que 16 ans plus tard aux Jeux de Beijing.
Carl Lewis, l’athlète du siècle?
A Atlanta, en 1996, Carl Lewis remporte son quatrième concours olympique consécutif au saut en longueur et décroche sa neuvième médaille d'or olympique, un record qu'il partage en athlétisme avec le grand Paavo Nurmi.
Carl Lewis, l’athlète du siècle?
En novembre 1999, Fanny Blankers-Koen et Carl Lewis sont désignés "Athlètes du 20e siècle" par l'IAAF.

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