Le coin du médecin
mars 2008, Michel Fontaine
Sport et sommeil
Dormir est aussi indispensable que boire et manger.
Pourtant, un adulte de plus de 30 ans sur deux souffre de troubles du sommeil: réveil au milieu de la nuit et impossibilité de se rendormir, difficultés d’endormissement, réveil précoce, etc. Or, un déficit de sommeil affecte négativement les performances diurnes.
La plupart du temps, ces problèmes sont ponctuels et ne durent que quelques jours.
Dans certains cas, l’insomnie s’installe de façon durable (10% de la population) .
Autrement dit, ces individus dorment trop peu pour se sentir suffisamment en forme et bien dans leur peau.
La plupart des adultes ont besoin de 7 à 9 heures de sommeil par jour. En cas de déficit, il y a de la somnolence diurne, de l’irritabilité, des troubles de la concentration et une lenteur de réaction face à des situations d’urgence soudaines. Les troubles du sommeil sont ainsi responsables de nombreux accidents de voiture.
Il en va de même en sport où une récupération insuffisante après un entraînement aura une influence sur la capacité de charge de l’organisme, non seulement au niveau physique, mais également psychologique.
Le sommeil se divise (de façon simplifiée) en sommeil léger, en sommeil lent profond (c’est au cours de cette période que l’organisme récupère) et en sommeil paradoxal (période des rêves indispensables pour la gestion du stress).
Différents paramètres influencent la durée et la qualité du sommeil:
- L’âge: plus on est jeune et plus le besoin de sommeil est important.
- L’activité physique: il existe une relation positive entre la forme physique et le sommeil. Divers types d’entraînement ont prouvé que le temps d’endormissement diminue et que la quantité de sommeil lent profond augmente, à condition toutefois de ne pas pratiquer un sport juste avant d’aller se coucher (libération accrue de cortisol et d’adrénaline ainsi qu’élévation de la température corporelle à la base de difficultés d’endormissement). On observe également une relation positive entre la masse “maigre” et le sommeil lent profond. Le sport a donc surtout un impact positif sur la qualité plutôt que sur la quantité de sommeil.
- Divers facteurs influencent négativement le sommeil: l’anxiété, une température trop froide ou trop chaude, le bruit, l’hypoxie (en altitude), la lumière du soleil et les habitudes alimentaires (café et alcool).
- Le sommeil profond permet la récupération physique. Il survient essentiellement au cours de la première partie de la nuit; Il est donc indispensable de se coucher sans trop tarder.
En conclusion, pour faire du sport, il faut dormir suffisamment et à temps pour bien récupérer. Pour bien dormir, il faut faire du sport.
Photos
Tôt le matin, dans la réserve du Masai-Mara, au Kenya, un guépard, sprinteur par excellence, se prélasse au soleil et, en manque de sommeil, bâille de manière spectaculaire.