Dernière mise à jour : 22 avril 2010 Dernière édition : mars 2010

Le coin du médecin

décembre 2008, Michel Fontaine

Le sport est-il bon pour les enfants?

On reconnaît déjà depuis longtemps qu’une activité physique pratiquée régulièrement au cours de l’enfance et des années de jeunesse est tout à fait bénéfique pour la croissance, le développement et la vie adulte future. Il est dès lors souhaitable d’inculquer aux enfants un mode de vie qui fait la part belle à la dépense physique. Mais le sport apporte-t-il un bénéfice supplémentaire?

Dans l’ensemble, les jeunes enfants sont spontanément très dynamiques. La plupart d’entre-eux se dépensent suffisamment pour obtenir d’importants effets positifs pour leur santé. Chez les enfants, le jeu constitue la forme d’activité la plus naturelle. Avec les années, l’enfant naturellement actif se transforme cependant souvent en adolescent sédentaire.

Plus d’un tiers des jeunes de 12 à 15 ans ne se dépensent pas assez et la plupart deviennent obèses. Il s’avère souvent extrêmement difficile, voire impossible, de motiver des jeunes de 15-16 ans à s’affilier à un club sportif, surtout s’ils étaient déjà inactifs auparavant. Les recommandations d’activité physique formulées pour les adultes se fondent sur le volume quantitatif nécessaire au développement de la condition cardio-respiratoire. Il n’est pas possible de reprendre telles quelles ces recommandations.

Les plans d’entraînement destinés aux enfants doivent être de faible intensité et offrir une grande variété. L’approche ludique doit être prépondérante. On sait que, pour un adulte, une consommation énergétique minimale induite par l’effort équivalente à 3 kcal/kg/jour s’accompagne de différents effets bénéfiques pour la santé et va de pair avec une mortalité réduite. Extrapolé à l’enfant, cette valeur correspond à 100 kcal de dépense énergétique induite par l’effort par jour pour un ou une jeune de 35 kg. Pour obtenir une telle dépense, 20 à 40 minutes d’activités physiques variées et d’intensité moyenne pratiquées quotidiennement sont suffisantes. Des activités d’intensité élevée ne sont pas indispensables pour atteindre un tel objectif.

Une activité physique régulière diminue la masse grasse et augmente la masse non grasse (muscles et os) par une meilleure capacité de l’organisme à mobiliser et oxyder les graisses, par hypertrophie musculaire et par une minéralisation et une densité osseuse plus importante.

L’amélioration de la capacité aérobie est difficile à estimer vu qu’il est difficile de faire la distinction entre les hausses induites par l’entraînement et celles liées à la croissance. Néanmoins, certaines études montrent que les enfants inactifs ont une capacité aérobie maximale inférieure par rapport à des jeunes actifs. Il en va de même pour la puissance et la résistance musculaire. La tension artérielle n’est pas modifiée par l’exercice chez l’enfant, mais en prévenant l’obésité, le risque d’une hypertension future est réduit . Les lipides sanguins (graisses) sont “améliorés” par l’exercice physique mais on ne retrouve pas de corrélation fiable avec le type d’entraînement comme on le voit chez les adultes.

Il n’y a pas d’étude portant sur la relation entre l’activité physique et la glycémie (sucre) chez les enfants et les adolescents. La taille, la croissance, le développement du squelette et la maturation sexuelle ne sont pas accélérés ou ralentis par l’activité physique pratiquée pendant les années de jeunesse.

On ne sait pas encore clairement si l’activité physique pratiquée pendant l’enfance et l’adolescence exercent un effet bénéfique sur l’état de santé des adultes et si elle permet de prévenir des maladies à un âge ultérieur. Ce qui est sûr, c’est qu’un mode de vie actif et une bonne condition physique générale sont des éléments essentiels en médecine préventive et les fondements de cette attitude générale devraient être jetés durant l’enfance.

De plus, le sport présente des avantages psychologiques importants pour l’enfant (évacuation du stress, effets bénéfiques sur l’humeur, l’appréciation de soi et le comportement face au travail). En conclusion, si vous ne voulez pas devenir des adultes obèses, hypertendus, diabétiques, arthrosiques et déprimés, il va de votre intérêt de commencer dès votre jeune âge à avoir une vie saine et active afin de poursuivre sur cette voie toute votre existence.

Photos

Le sport est-il bon pour les enfants?
Quelques athlètes de l'école d'athlétisme du CS Dyle au départ d'un 150m à l'occasion d'une compétition organisée à Braine-l'Alleud en 2002.