Reportages
mars 2009, B. Nysten, C. Lambert, J-M. Leduc
Championnat de Belgique Indoor pour Masters
Bernard Nysten: Des rumeurs de trafic perturbé ayant circulé, c’est fort tôt (vers 8h30) que je pénètre dans l’arène du TopSportHal de Gand encore à moitié endormi comme moi. Après avoir confirmé ma participation aux deux épreuves prévues aujourd’hui (400 m et perche), je m’installe dans les gradins et essaye de me détendre en lisant un peu. Neuf heures quart, le stress monte; il est temps de me changer et de commencer mon échauffement pour la première épreuve prévue vers 10h15. Pendant que les “hurdlers” se battent avec les haies, je me concentre sur mes éducatifs et mes déboulés, essayant d’oublier les temps de référence de mes “adversaires”. Je n’ai encore rencontré aucun autre athlète du CS Dyle; vais-je courir sans le moindre encouragement ? Dix heures dix, les séries sont annoncées: je courrai dans le 3e couloir avec, devant moi, les trois “intouchables” dont les temps de référence sont largement sous la minute et, dans mon dos, au couloir 2, le seul adversaire à ma portée. Sur la piste, soulagement, j’entends les encouragements de Jean-Marc. Ils me seront bien utiles. Quelques minutes plus tard, c’est parti. Inconsciemment, et surtout inconscient, je tente de suivre le rythme des meilleurs. Après 150 m, je me rabats, confortablement installé à la 4e place qui constitue mon objectif. Aux 200 m, le chrono affiche moins de 29 secondes, c’est très (trop) rapide. Les encouragements de Jean-Marc continuent à me porter. Mais, à l’entrée du dernier virage, aux 300 m, mes jambes commencent à se raidir. Je sens mon adversaire revenir petit à petit. La dernière ligne droite est un calvaire et, malgré un sursaut dans les derniers mètres, je me fais coiffer sur la ligne pour 2 centièmes de seconde... et termine 5e en 63“18.
Après un retour au calme, je peux m’installer confortablement dans les gradins pour reprendre des forces et suivre les exploits d’Olivier, Jean-Marc et José sur 60 m. Jean-Marc réussit à se classer 3e en Masters 45 et notre toujours jeune José, bientôt 60 ans, se classe 2e en Masters 55.
Carl, qui s’aligne sur 800 m, et Philippe, qui saute en hauteur et en longueur, nous ont rejoints. Pour moi, il est temps de redescendre sur la piste pour préparer le concours de perche. Sous le regard attentif de Luc Joannès, l’échauffement se déroule bien. Mes sensations de début de saison, qui m’avaient permis de porter mon record personnel à 2 m 85 en décembre, seraient-elles revenues après un mois de janvier de galère ? Il me faut bien vite déchanter. Obligé de commencer le concours à 2 m 60, je perds toutes mes marques et mes références et rate lamentablement mes trois essais. C’est la tête basse et profondément découragé que je rejoins les gradins pour encourager Olivier et José (200 m), Carl (800 m), Philippe, qui remporte la hauteur et la longueur, et Luc qui, sous les couleurs de Dampicourt, survole le concours de perche (4 m 26).
Carl Lambert: C’est avec curiosité, mais aussi une certaine appréhension que je me suis rendu à Gand ce samedi 28 février. En effet, il s’agissait pour moi d’une première compétition en salle, du premier 800 m de l’année (sans préparation particulière après les cross hivernaux), et cela aux championnats de Belgique !
L’objectif est de me faire plaisir et, aussi, d’essayer de faire bonne figure !
Après m’être échauffé à l’extérieur, sous un soleil radieux (un comble pour une compétition en salle !), je me suis donc présenté à la chambre d’appel pour assister aux premières séries M35 et M40.
Première surprise, les meilleurs partent des couloirs extérieurs et non pas intérieurs. De plus le dénivelé de la piste est assez important!
J’hérite du couloir 3. Le départ est donné et je me place directement dans la foulée des coureurs des couloirs 4 et 5 plus rapides que moi.
Dans le 3e tour je perds le contact et je doute même à un moment du nombre de tours qu’il me reste à faire. Je parviens à relancer dans le dernier tour et termine finalement à une bonne 5e place en 2’16”91, un record personnel inférieur à mon meilleur temps outdoor M45.
La saison commence très bien! A noter que le 4e réalise 2’10”. Pas de regret donc. Je n’aurais pas pu aller le chercher!
A souligner également, l’excellent état d’esprit qui régnait sur et à côté de la piste entre les athlètes de différents clubs.
En conclusion, je ne peux que vous inviter à participer l’année prochaine!
C’est toujours un peu particulier, on a beau avoir l’habitude, on a tous quelques championnats au compteur, on connaît la musique, et pourtant il y a ce petit quelque chose de spécial qui donne à une épreuve du championnat de Belgique un je ne sais quoi de magique et de grisant.
Jean-Marc Leduc: Lorsque j’arrive dans les magnifiques installations du Topsporthal, je me prête à rêver courir devant 3.000 personnes. Ben quoi, j’ai dit rêver ! La réalité est tout autre puisque seulement 164 personnes exactement nous observent avec un intérêt passablement sous-vitaminé. D’emblée, je tombe sur Bernard qui se dirige vers le départ de sa série du 400 m. Je le trouve très concentré (voire un peu tendu). Sa course se déroule assez bien (comme décrit dans l’article ci-dessus) car Bernard est parti assez vite. Je l’encourage à essayer de garder une belle 4e position, mais il se fait remonter sur les derniers mètres. Bel effort et belle performance. Mais l’heure n’est plus à la rigolade pour moi (si tant est que jusqu’ici je me sois amusé de mes copains athlètes. N’en croyez rien !) car le temps est venu de commencer à me préparer pour les 60 m annoncés à 11h30. L’échauffement et autres préparatifs me privent d’assister à la course d’Olivier. Mieux préparé pour le 200 que pour le 60, il abat la distance en un très bon 25“61. J’ai l’occasion de voir et d’encourager José qui court 2 séries après la mienne. Etant donné que je suis dans son dos, j’ai beaucoup de difficultés à distinguer le vainqueur, j’apprendrai qu’il échoue à la deuxième place pour 4 centièmes; rageant!
Ma galanterie légendaire m’eut obligé de commencer par les dames. A notre grand regret elles brillèrent toutes plus les unes que les autres… par leur absence! Vous nous avez manqué les filles. Les 60 mètres terminés, l’heure de la pose se profile doucement, ralentissant significativement le rythme des épreuves; nous en profitons pour nous rassembler et manger un morceau.
Etant donné que j’avais fini ma prestation et que pas mal de travaux domestiques hebdomadaires m’attendaient, j’étais sur le point d’abandonner mes condisciples à leur sort. Cependant, Carl se préparait à courir, alors, prenant sur moi, (je rigole Carl) je décidai de rester encore un peu pour l’encourager. J’ai bien fait car, si je ne me trompe pas, il a battu son record personnel en M45.
Ce n’est pas l’envie qui me manquait de rester pour encourager les autres : Philippe à la hauteur et la longueur, (félicitations pour ses deux titres et l’impressionnante barre effacée à 1 m 75, record du club Masters, ndlr), Bernard et Luc à la perche (j’étais impressionné par l’excellente forme de Luc qui, à l’échauffement, se jouait largement d’une barre à 4 m 20. Félicitons-le également pour son titre) et, enfin, José et Olivier pour leurs 200 m, mais je dus me résoudre à les quitter.
En ce qui concerne ma prestation, vous aurez remarqué que j’ai retardé au maximum le moment de vous en parler. C’est une troisième place sanctionnée par un 7’’82 qui me mécontente assez fortement. C’est la 4e année consécutive que je prends la médaille de bronze et j’avais l’espoir de grappiller une place étant donné que je pensais être en forme. La loi du sport en décide souvent autrement, et ça s’est vérifié cette fois encore.